Lien vers ce message 20 Mars 2009, 21:24
Andréa sentit le sol se dérober sous ses pieds, elle roulait, elle glissait le long d’une pente. Enfin elle s’arrêta, raccrochée par quelque chose. Elle voulait voir ce qui se passait, où elle était. Elle n’avait plus la force de bouger, ni même d’ouvrir les yeux, elle était vidée, exténuée. Elle paniquait silencieusement, elle se rappela de Josh, de la voiture. Où était-il ? Allait-t-il bien ? Il lui était difficile de penser, il y avait comme un marteau dans sa tête, cette douleur. Elle senti enfin qu’une substance chaude et poisseuse ruisselait le long de son visage : du sang! Un poids immense pesait sur sa poitrine, elle était serrée comme dans un étau. Il lui était difficile de respirer. Elle haletait. La moindre inspiration lui arrachait un gémissement de douleur. Un brouillard se forma dans son esprit et l’envahissait petit à petit. Elle ne sentait plus son corps. Andréa ne voulait pas que l’engourdissement la fasse sombrer entièrement. Si elle se laissait aller, c’était la mort assurée pensait la jeune femme. Mais elle se laissa gagner et s’endormit profondément.

Andréa se réveilla un jour après. Il faisait encore nuit quand, enfin, elle émergea. Elle ouvrit lentement les yeux et découvrit les rayons de la lune qui perçaient à travers la cime des arbres. Aucun bruit ne troublait l’immense silence qui régnait, à part sa respiration fébrile. Elle essayait de repenser à ce qui s’était produit la veille. Maintenant elle se souvenait de tout, et de l’avertissement de Joshua quand il lui proposa de la reconduire. Elle bien trop amochée, n’en avait fait qu’à sa tête. Josh avait fini par lui céder. << C’est ma faute>> pensa-t-elle. Se souvenir de tout ça lui faisait bien trop mal, non plus à la tête, mais au cœur…
La jeune femme se décida à se lever. Elle voulait se redresser, mais remarqua que l’une des manches de son gilet était accrochée à des ronces. C’était donc ça qui avait arrêté sa descente ? Elle parvint à se détaché, non sans éraflures : la tache s’était révéler plus ardu qu’elle n’en avait l’air. Se lever fut tout aussi fastidieux, Andréa manqua à plusieurs reprises de tomber au sol. Malgré la douleur qui la transperçait de toute part, Andréa continua à escalader la colline. A plusieurs reprises elle faillit s’écrouler, se prenant les pieds dans quelques racines.
Cela faisait bien une demi-heure qu’elle marchait, quand les premiers rayons du soleil filtraient à travers les sommets des sépias. Elle commençait à apercevoir des fourrés un peu plus loin. La lisière de la forêt, enfin. Andréa pensa qu’elle avait bien été chanceuse de n’avoir rencontré aucune bête, sinon elle n’aurait pu rien faire vu son état.
Arrivée en haut de la colline, ce qu’elle vit la décontenança : Ni voiture, ni route, rien. Aucune trace de vie. Josh ? Où était-il ? Que c’est-il passait ? Où était-elle ? Trop de questions fusaient dans sa tête. Elle s’agenouilla parterre pour reprendre son souffle. Des larmes commencèrent à perler le long de ses yeux. Elle était dévaster, perdue. Elle avait encore perdu ce qu’elle aimer. Mais pire, elle ne s’avait s’il était mort ou vivant. La jeune fille s’effondra sur le sol, secouée par des spasmes nerveux, elle pleurait. Elle ne comprenait plus rien. Elle était dans un état second. Elle était rongée par les remords, affaiblie par la fatigue, et cette douleur qui persistait dans sa tête…Elle ne pouvait être dans un cauchemar, sa souffrance l’en persuadait. Elle avait hâte, hâte que tout se termine. Lorsque la douleur arrivât à son apogée, elle s’évanouit.

<< Entrer dans Le Fire Lost n’est pas si facile…>>


Lorsque Andréa se réveilla, le spectacle que lui offrait le paysage l’émerveilla : la colline redescendait en pente douce et menait jusqu’à une vallée, sillonnée par une petite rivière qui semblait qui semblait faite de diamants sous les rayons du soleil. Ce dernier était à son zénith et inondait toute la plaine. Un tapis de fleurs blanches recouvrait la vallée. La jeune femme se mit debout et contempla la prairie. L’air qu’elle respirait était doux, parfumé par les fleurs, presque sucré. Maintenant elle se sentait bien mieux. La brise caressait son visage, comme pour la rassurer, et faisait volter ses cheveux. Andréa descendit tranquillement la colline. Elle ne souffrait plus. Cette plaine avait une vertu apaisante sur elle. Elle s’étonna qu’un endroit pareil puisse exister sur Terre. Elle murmura : << Je dois être dans un autre monde…>>.
Elle s’approcha de la rivière. L’eau y était cristalline, et fraîche. Elle se pencha par-dessus pour examiner son reflet. Elle poussât un cri de stupeur. Ces cheveux bruns! Où s’étaient-ils envolés? <<Ils…ils…sont…ROSES! On croirait que je sors d’un manga ! C’est quoi cette histoire?! >>. Le choc passé, elle s’examina plus minutieusement le visage. Elle remarqua qu’un diadème en argent surmonté d’un diamant, était posé sur son front. Elle essaya de le retirer pour mieux l’observer, mais celui-ci était comme incrusté dans ça peau. <<Est-ce que ça serait ça qui aurait provoquer mon mal de tête, en poussant…sur mon front ?!>> pensât-elle, mais elle chassa très vite cette idée saugrenue de son esprit. Elle se ressaisit, puis décida de faire une toilette, bien méritée. Elle enleva son gilet, qui état en piètre état, le jeta au sol, et puis fit glisser sa robe. Andréa s’étonna qu’elle soit rouge. Bizarre… Elle était différente à celle de la soirée. Elle haussât les épaules, ce n’était pas la seule bizarrerie de la journée. Elle finit par se déshabiller entièrement et entra dans l’eau. Elle regarda automatiquement pour vérifier si il y avait quelqu’un. Bien entendu, il n’y avait personne.
Après s’être bien détendu et éliminé toute trace de sang. Andréa se décida à sortir de l’eau. Elle se rhabilla et commença à fouiller dans les poches de sont gilet, et à rechercher quelque chose d’utile. Elle y trouva mieux que ce qu’elle espérait : une petite bourse. Un sourire fendit son visage, si ça continuait comme ça, elle allait vraiment aimer cet endroit.
Elle balaya du regard le rebord de la forêt. Elle aperçut au loin un sentier qui traversait le bois.
La jeune femme traversa la prairie, sans se presser. Elle voulait profiter des derniers instants dans cet endroit magique. Elle savait qu’il fallait qu’elle avance. Son intuition la mènerait à bon port. Arrivée à l’orée de la forêt, elle se retourna. C’était à partir de maintenant qu’une nouvelle vie commençait.

Cela faisait bien deux heures, selon elle, qu’elle marchait à travers la forêt. Andréa suivait le sentier qu’elle avait vu tout à l’heure. Elle commençait à avoir sérieusement mal aux pieds, mais elle ne désirait pas s’arrêter avant la nuit. Elle voulait sortir de cette forêt, de plus en plus sinistre, avant le coucher du soleil. Andréa avait remarqué que les bois s’assombrissaient de plus en plus. Ils n’avaient plus rien à voir avec ceux de tout à l’heure. Le peu de rayons de soleil qui filtraient à travers les hauts chênes, était « froid », alors que ceux de tout à l’heure dans la prairie, lui réchauffaient la peau. Tout lui semblait plus hostile. Le vent qui hurlait dans les feuillages lui faisait froid dans le dos. À chaque grincement, chaque froissement, chaque craquement elle sursautait, se retrouvant sur ses gardes, les sens à l’affût. Elle ne s’était jamais retrouver d’un un tel état de méfiance. Elle n’aimait pas cet endroit, et quand elle se retourna, c’était comme si, la forêt d’avant n’avait jamais exister. Elle avait disparu. Une perle de sueur froide coulait le long de sa nuque. Quand allait-elle enfin sortir d’ici ?
Un bruit raisonna au loin. Une sorte de craquement, suivit d’un râle puis d’un long feulement. En un instant elle se retrouva accroupie au sol. Son instinct était plus fort à cet endroit. Son regard se tourna automatiquement vers l’origine des cris. Elle essayait de distinguer de lointaines silhouettes à travers les fourrés, mais toute ses feuilles l’en empêcher. Il aurait fallut qu’elle lève la tête, mais il aurait été trop dangereux de se mettre à découvert. Tanpis, il fallait au moins qu’elle sache ce que c’était. Elle se redressa, sans bruit, retenant son souffle. Ce qu’elle vit était pire qu’elle n’imaginait : il s’agissait d’une masse grisonnante, informe, au premier abord, et puis en y regardant de plus près, elle découvrit qu’il s’agissait là, d’une bête qu’elle ne connaissait pas. La bête était, on pourrait dire accroupie, près d’un animal. Il lui semblait que c’était un cerf. Le monstre se saisit d’une des pattes arrières de l’animal. Un interminable bruit de déchirement se répandit dans la forêt. Le monstre venait d’arracher littéralement la moitié de la partie arrière de la dépouille. Un frisson parcourut le dos d’Andréa. Si jamais la bête l’attraper, s’en était fini d’elle, aucune échappatoire. Andréa vacilla à la vue de la chair en lambeau et le sang encore chaud coulant le long de la dépouille du cerf. La bestiole se retourna en percevant le bruit, aussi minuscule soit-il. Elle vit le visage blanc comme un linge d’Andréa, la peur qui s’emparait d’elle, et…la vie qui coulait dans ses veines. Elle savait que cet humain ne pouvait rien contre elle. Ce n’était pas comme l’Homme qu’elle avait eu déjà le malheur de rencontrer. Peut-être faisait-elle partie de sa <<meute>> ? Si c’était le cas, elle pourrait à la fois se venger sur ce pauvre être des blessures que lui avait infligé l’Homme et rassasié sa soif. Elle hésitait encore…
La jeune femme avait rencontré le regard de l’immense animal (où était-ce autre chose ?). Elle n’avait plus qu’un désir : fuir à toutes jambes. Mais elle était incapable de bouger. Le regard de la bête l’avait comme paralysé. Le monstre planta ses yeux assoiffés de sang dans les siens, et d’un air de défi, planta ses crocs dans la chair de la proie et en déchiqueta lentement un morceau. Si elle ne bougeait pas, ça serait son tour, alors elle intima l’ordre de bouger à ses pieds. Rien à faire, ses jambes étaient engourdies. La panique l’immergea. La bête allait bientôt finir son plat principal, le dessert lui ne faisait toujours aucun mouvement. Après de multiples efforts, Andréa réussit enfin à se mouvoir.
Elle se mit à courir le plus vite possible, ne jetant que quelques regards en arrière. Le monstre ne la suivait pas, apparemment il avait choisit de lui laisser la vie sauve. Cependant elle ne s’arrêta pas se doutant que la chose pouvait la rattraper d’un moment à l’autre.
Après plusieurs minutes d’une course effrénée, elle remarqua qu’un peu plus loin la forêt redevenait enfin claire. Elle ralentie enfin le pas, puis reprit enfin son souffle. Elle l’avait échapper belle, dû moins pour cette fois.


Message édité 7 fois, dernière édition par Andrea Sisley, 18 Avril 2009, 16:08